L'AG a réuni environ 20 collègues. Nous avons parlé des projets du gouvernement concernant non seulement l'enseignement et les enseignants, mais aussi l'ensemble des fonctionnaires et des services publics. Nous avons ensuite discuté des perspectives nationales et locales pour après les vacances.
1) Projets du gouvernement concernant tous les fonctionnaires
La RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques) prévoit des suppressions de postes massives dans l'enseignement, mais aussi dans bien d'autres secteurs rendant des services utiles à la population (hôpitaux, équipement, etc). Il serait illusoire de penser que le gouvernement pourrait céder sur les suppressions de postes d'enseignants sans un mouvement entraînant aussi au moins les autres fonctionnaires, car céder sur les postes d'enseignants, c'est au fond enterrer la RGPP, puisque les suppressions de postes dans l'enseignement représente plus de la moitié des suppressions de postes totales prévues (20 000 par an sur 35 000 par an).
Le projet de mobilité
a) Actuellement l'Etat a l'obligation d'affecter un fonctionnaire dont le poste est supprimé sur un poste correspondant. Le projet de loi prévoit de remplacer cette disposition par une procédure de "réorientation professionnelle" pour le fonctionnaire dont le poste est supprimé, sur le modèle du contrat imposé aux chômeurs : proposition de 3 postes dans l'une des 3 fonctions publiques (de l'Etat, hospitalière, territoriale); en cas de refus, mis en disponibilité d'office (sans solde), puis mise à la retraite (au bout de 2 ans).
b) Actuellement tout fonctionnaire temporairement absent (congé de maternité, congé maladie, etc) doit être remplacé par un fonctionnaire. Le projet prévoit de mettre fin à cette règle : cela annonce un accroissement terrible de la précarité dans les secteurs gérés par l'Etat.
2) Perspectives nationales
18 organisations (syndicats enseignants, lycéens, associations de parents d'élèves, etc) appellent à une journée nationale d'action le jeudi 15 mai pour une "école ambitieuse" et le samedi 24 mai à une "journée de mobilisations, de rencontres avec la population et de manifestations dans tous les départements".
Nous avons estimé que ces journées d'action séparées seraient insuffisantes pour créer un rapport de forces suffisant pour faire céder le gouvernement.
C'est pourquoi nous avons défini le mandat suivant pour l'AG IDF des établissements en lutte d'après manifestation :
- élargir les revendications au retrait de la RGPP et du projet de mobilité dans la fonction publique (en revanche, l'insertion de revendications sur les salaires et l'allongement de durée de cotisation pour les retraites a été repoussée, la majorité, tout en partageant leur contenu, a jugé inopportun de les rajouter)
- de demander aux fédérations et syndicats nationaux de fonctionnaires d'appeler à la grève le 15 mai, le même jour que les syndicats enseignants et lycéens
- de demander aux syndicats enseignants d'appeler nationalement à partir du 16 mai à une grève et/ou un blocage reconductible jusqu'à satisfaction
3) Perspectives locales
Nous avons pensé qu'il serait bon d'entreprendre une action dès la semaine de la rentrée pour nous remobiliser collectivement. C'est pourquoi il nous a semblé qu'il serait finalement mieux de faire l'action d'occupation (veillée) nocturne le mardi 6 mai (et non le vendredi 16 mai, ce qui est à la fois tardif et risque de passer inaperçu après la journée du 15 mai). Nous avons pensé faire diverses actions pour animer cette occupation : faire un ou des spectacles comme "le NON" des lycéens du lycée Mozart, ou comme les profs tombant pour symboliser les suppressions de postes, faire des silhouettes noires pour les postes supprimés, etc (toute idée bienvenue), bouffe, musique, boissons, etc.
Il faudrait que les collègues qui sont d'accord pour organiser et participer à l'occupation si elle se fait le mardi 6 mai l'indiquent au plus vite. Car il faut s'y mettre dès maintenant si nous voulons pouvoir la réaliser dans de bonnes conditions le 6 mai (prévenir les autres collègues, les élèves majeurs, les parents d'élèves, inviter la presse, assurer que l'occupation se déroule dans de bonnes conditions, etc).
C'est aussi une façon de préparer la grève la plus forte possible le jeudi 15 mai et d'essayer de constituer un très important cortège du lycée en manifestation. Car, si le 15 mai est localement et nationalement une réussite, cela sera un point d'appui précieux pour dynamique de victoire, passant par une grève et/ou blocage reconductibles au niveau national.
4) La manifestation
Elle a réuni en 20 000 (selon la police) et 40 000 (selon les syndicats) manifestants, soit sensiblement le même nombre de personnes que le 10 avril. La mobilisation se maintient à un niveau élevé.
5) Compte-rendu de l'AG IDF
Il y avait 113 établissements représentés, dont des écoles primaires, fait nouveau de la journée.
Les instituteurs ont été nombreux à faire grève, environ un peu plus de 50% en moyenne sur toute l'IDF (ces chiffres de source syndicale ont été calculé à partir du nombre de plateau repas commandé dans les écoles), les chiffres très bas annoncés par le Ministère étant manifestement sous-évalués. En revanche, la mobilisation pour cette journée était plus faible chez les enseignants dans les premiers établissements du second degré à être entrés en lutte, comme à Longperrier, elle restait globalement significative. Mais il y a partout souci étant partout d'assurer la continuité de la lutte au delà des vacances et d'économiser ses forces en vue du moi de mai.
Une réunion nationale des établissements en lutte est prévue pour le 3 mai.